Thomas Hardegger

20. septembre 2019 in Manifestation
Le débat public est nécessaire. Les opérateurs sont en train d’installer un nouveau réseau à un rythme effréné qui dépasse même les souhaits de l’économie et ceux de la majorité au Parlement.

Thomas Hardegger. Conseiller national PS et initiateur du groupe parlementaire sur les rayonnements non ionisants, l’environnement et la santé (PGNIS).

Développement du trafic de données – non pas sans la participation de la population

Nous devons constater que le secteur de la téléphonie mobile est en train d’installer un nouveau réseau avec un rythme effréné qui dépasse même les souhaits de l’économie et ceux de la majorité au Parlement.

Mais qui a donc donné l’ordre à Swisscom, Sunrise, Salt et UPC pour cette expansion de l’infrastructure ?

Pas la population ! Pas les municipalités ! Pas les cantons ! Où est-ce qu’on les a demandés ? Non, la mise à niveau se fait sans le mandat de la population.

Les dirigeants de Roche, Google, UBS, Givaudan, Swisscom et d’autres grandes entreprises ont conseillé le Conseil fédéral et défini jusqu’à lors la stratégie de la digitalisation de la Suisse. Ainsi, seuls les perspectives de gain déterminent les besoins de la population en termes de fourniture de données. La population devrait ainsi être en mesure de streamer, diffuser, télécharger, télécharger plus encore, faire du e-banking,  / du shopping / partager des données / voter / opérer / surveiller / se laisser surveiller et ainsi de suite et ainsi de suite. Bientôt, nous n’aurons plus à nous parler : Au même moment que nous aurons émis une pensée en mots, quelqu’un y aura déjà répondu en ligne.

Ce que l’on n’a jamais demandé à la population, c’est si elle voulait qu’il n’y ait en Suisse aucun coin qui ne soit pas connecté au réseau, c’est-à-dire qui ne soit pas exposé à la téléphonie mobile ou au rayonnement WIFI. Y a-t-il 100’000, 500’000 ou un million d’habitants sensibles aux rayonnements et dont le bien-être est limité ou même exposés à des risques insupportables pour la santé ? Ce nombre n’est pas pertinent parce que notre constitution fédérale garantit l’intégrité physique et elle protège les minorités. Tout cela est bafoué si l’économie seule peut décider ce qui est bon pour elle pour générer rapidement des rendements. Les gens qui ne leur promettent aucun revenu sont ignorés.

Le passage de la 4G à la 5G est, comme le dit à juste titre l’économie, un saut quantique. La nouvelle technologie 5G permet de multiplier par cent la quantité de données pouvant être transférées et, avec elle, augmente aussi le risque que quelqu’un soit exposée beaucoup plus aux ondes. C’est ce que j’ai vécu dans la zone industrielle de ma commune lorsque la nouvelle technologie a été installée, puis expérimentée avec tous les travailleurs dans le cadre d’essais sur le terrain, comment mettre en place la technologie 5G pour obtenir une puissance maximale. Les plaintes concernant les troubles physiques n’ont pas été prises au sérieux.

Toutes les questions critiques concernant l’exposition, les effets à long terme, le contrôle de ses propres appareils, et même la réduction de l’exposition du téléphone mobile aux radiations à l’oreille, sont des facteurs perturbateurs pour l’industrie de la téléphonie mobile. Je me demande également si nous avons vraiment besoin de cet expansion alors que plus de 90 % de l’équipement est utilisé pour des services de divertissement et qu’une connexion par câble garantirait un rayonnement plus faible et un approvisionnement plus fiable. Si la population aurait un droit de véto, elle déclencherait une discussion et soulèverait des questions telles que : De quoi avons-nous vraiment besoin ? Comment pouvons-nous nous protéger ? Comment prévenir les dommages concernant notre santé, notre matériel génétique, notre environnement, notre faune à moyen ou long terme ? Et comment protéger nos amis et connaissances qui sont électrohypersensibles et qui auront droit à un environnement sain sans radiations ?

Le débat public est nécessaire, avec ou sans initiative populaire, avec ou sans objections aux antennes, que l’industrie et les autorités le fassent volontairement ou qu’elles y soient contraintes.

Thomas Hardegger, membre du Conseil national, SP, ZH

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